Sous le pseudonyme de ‘Surcouf’, un groupe d’officiers généraux et supérieurs des trois armées publie anonymement une tribune.
Ils pointent « l’amateurisme et l’incohérence » du livre blanc sur la nouvelle armée française. Ils disent encore : « Au mieux, nous serons mieux renseignés, mais nous pourrons moins agir. Plus loin, ils parlent de déclassement militaire de notre pays. Je crains et je tremble à l’idée que nous soyons à l’aube d’une sédition, voire d’un coup d’état. Dans certains pays, ils seraient passés directement à l’action au lieu de se planquer dans l’anonymat. Comme quoi, nous sommes vraiment en démocratie et que les piliers de la République tiennent bon. Veillons à ce que des réformes nécessaires au pays ne soient pas engagées sans consultation préalable des citoyens, et avec précipitation.
La grande muette l’ouvre et c’est inquiétant.
Des casernes désertes. Des commerçants, furieux de voir la manne militaire ranger son porte-monnaie, protestent. Le personnel civil des armées se voit déjà à la rue. Les élus sont indignés pour ne pas avoir été entendus. Et quid de nos engagements internationaux, particulièrement les accords de défense passés avec certains pays africains à l’aube des indépendances. Comment volerons-nous au secours de nos amis, tel Idriss Deby, Président démocratiquement élu du Tchad et des fois dictateur sans pitié ? L’annonce de la réintégration de la France dans l’O.TA.N. est proclamée… le 18juin 2008 !
Toutes ces nouvelles préoccupantes nous assaillent par le truchement de l’audiovisuel public. Coïncidence peut-être, mais c’est ce jour là aussi que notre audiovisuel public est mixé par des cuisiniers sans étoiles au guide Michelin de la réforme.
France 3 : La chaîne du groupe qui va loin, mais aussi au bout du chemin creux de nos campagnes.
La chaîne des Français du boccage, qui s’y identifient et qui l’aiment. « De près, nous nous comprenons bien » dit une réclame de France 3. J’ajoute, de près, nous nous étreignons bien. On nous annonce brutalement la mort de la télé régionale, son démantèlement programmé, qui commence par la mise en place d’un regroupement hybride. Demain, le reportage sur la cueillette des pommes du Limousin, par exemple, sera réalisé par un journaliste basé à Lille. Sans oublier la menace qui pèse sur l’indépendance des journalistes, puisqu’on nous annonce en même temps l’arrivée de la presse quotidienne régionale, les régions, et les départements dans le financement de France 3. Régions. Cela ressemble fort à une cuisine, qui a accouché d’une sauce gribiche pour la tête de veau pour le moins hasardeux. Quant à France3 nationale comme on dit, les journalistes seront dispatchés dans ce qui restera des Régions, le reste transféré peut-être à France 24 pardon, France Monde, et seront envoyés soit à Bangui, soit au Darfour où ils ne risquent pas d’avoir froid aux pieds.
Bon sang ! Soyons cohérents ! On ne va pas nous faire croire que le milliard et quelques manquant va être comblé par des bricolages du genre : on va taxer les nouveaux supports, on va demander aux chaînes privées de financer les chaînes publiques. Je n’imagine pas le secteur privé se porter au secours du service public. Enlever la publicité, ne pas augmenter la redevance, proposer des solutions qui ne tiennent pas debout, c’est tout simplement nous prendre pour des sots.
« Nul chose n’est jamais assurée quand sa nature réside dans le mouvement » (Sénèque).
Un habitant du boccage en colère.
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