Articles du octobre, 2008
Le leurre des “Etats généraux de la presse”
Nicolas Sarkozy persiste dans son ubuesque pratique de la fonction présidentielle.
Il met en chantier des Etats généraux de la presse et en définit le cadre: « Tous les sujets sont sur la table, les plus techniques -les aides de l’Etat, les annonces judiciaires et légales, le régime du mécénat, le partage de la valeur dans la chaîne de distribution, le portage- comme les plus sensibles -l’indépendance, le pluralisme, la crédibilité, la loi Bichet, l’avenir des ouvriers du Livre ».
Et la couleur du papier, Môssieur le président ? La choisirez-vous vous-même ou vous en remettrez-vous au bon goût de la première dame de France ?
Quoiqu’il en soit, le pire nous guette.
Combien de coupes sombres exercées dans les budgets de la santé, la recherche, l’enseignement, la culture, sur lesquels repose l’avenir du pays !
La justice a été ravalée au rang de force répressive supplétive.
Votre népotisme va désormais dépasser la sphère des grands financiers et des insignifiants baladins insulaires ou continentaux de votre cour pour servir les avides patrons des groupes de presse Lagardère, Bouygues et Bolloré, invités à phagocyter sans limite légale tout ce qui fournit de l’information écrite sur papier ou écran, par ondes radiophoniques et hertziennes pour constituer des multinationales multimedia d’où n’émaneront plus que les nouvelles aseptisées par l’autoclave de big brother.
Le dernier rempart contre le totalitarisme sera alors tombé. Avec l’assentiment de ses victimes, montées de leur propre initiative sur l’autel de leur sacrifice, la table autour de laquelle voudront bien prendre place les acteurs des Etats généraux que vous leur imposez de fait.
Et on osera encore abuser le lecteur avec un pluralisme de façade, une indépendance virtuelle.
La censure sera pratiquée très en amont, dès le concours d’entrée dans les écoles de journalisme.
Rien n’échappera à l’uniformisation, pas même l’Agence France-Presse, rare voix parfois discordante dans le chœur des affidés. Le rapport rendu en octobre 2007 par Danièle Giazzi, la secrétaire générale de votre parti, l’UMP, prévoit de la livrer aussi aux appétits des grands groupes.
Suffit, Sarkozy !
Les journalistes ne peuvent pas vous suivre dans votre mégalomanie.
Ils sont, comme leurs concitoyens, épris de vérité tout autant que de liberté.
Ils revendiquent l’accès direct et franc aux sources, y compris les plus officielles et celles qu’on a trop longtemps considérées comme secrètes alors que leur révélation était essentielle à la bonne compréhension des événements.
Ainsi pourront-ils relater des faits avérés, inattaquables par des aigrefins protégés par une justice complaisante.
En marge de ces données vérifiées, les journalistes sont décidés à s’autoriser tout commentaire, à émettre toute opinion qu’il leur plaira, sans être menacés dans leur carrière par la collusion entre les pouvoirs et le patronat des groupes qui se dessinent.
Si bien qu’avec mais plutôt sans Etats généraux, ils demandent à l’Etat, et non au président Sarkozy, de garantir la liberté de la presse, son indépendance des pouvoirs politiques et financiers, de lui donner les moyens de livrer une information de qualité qui éclaire réellement le lecteur, y compris sur les turpitudes des dirigeants de son pays ou du monde.
Patrick BABIELLE
Aucun commentaireDeux poids, deux mesures
Vendredi 18 septembre 2008, les places financières retiennent leur souffle. Le Président Américain Georges W. Bush trouve miraculeusement 700 milliards de dollars pour sauver le système agonisant de la finance internationale. Les places boursières retrouvent le sourire.
925 millions de personne vont mourir de faim à travers le monde. S.I.D.A. : 2million de morts en 2007. Paludisme : 1 enfant en décède toutes les 30 secondes. Sources O.M.S. La faim et ces pandémies poursuivent inlassablement leur sinistre besogne dans l’indifférence des pays nantis.
Depuis des lustres, les réunions du G7 se terminent sur le même constat : promesses lénifiantes, puis plus rien. Mais quand la planète finance est aux abois, le Président de la « World Company » Georges W. Bush réagit au quart de tour.
Dans le Tiers monde, les malades du S.I.D.A. appellent leurs frères occidentaux au secours. Nada. Pas de sous. La faim menace ? Qu’à cela ne tienne : on spécule sur les denrées alimentaires. Les affamés peuvent continuer à crever la gueule ouverte. La partie du monde développé, repue et arrogante ne détourne même pas les yeux par pudeur. Elle s’en fout.
Des banquiers - ruffians assèchent leurs établissements. Les banques centrales, utilisent sans les consulter l’argent des citoyens contribuables pour sauver des eaux ces naufragés de luxe qui, dans le sinistre, ont eu le réflexe de se répartir « équitablement » un butin de 90 milliards de dollars.
Et personne ne vient leur demander de comptes. Ils échappent à tous les juges.
Qu’ils lisent Sénèque : « Qui se gonfle de sa richesse et de ses honneurs s’attire le malheur ». Nous reste l’espoir qu’un crocodile les engloutisse quand ils iront se bronzer aux îles Caïman.
Les gémissements de l’enfant africain, indien, ou des favelas de Rio se perdent dans la nuit des temps de l’indifférence. Pour eux point de dollars.
Deux poids deux mesures, deux mondes deux planètes. A quand une action d’urgence effective pour sortir la majeure partie de l’humanité du désastre ?
Comme écrit encore Sénèque : « Un peuple affamé ne supporte pas la raison, l’équité ne le calme pas, aucune prière ne le fléchit. »
A. de Kitiki
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