Droits de l’Homme bafoués en Colombie
En Colombie, comme dans d’autres pays où les Droits de l’Homme sont bafoués, des hommes et des femmes déploient des trésors d’intelligence, de courage et aussi de foi pour rendre à leurs semblables le force de lutter contre les inégalités sociales, les pouvoirs abusifs, pour la paix. C’est le cas des théologiens, philosophes et journalistes du Centre de recherches et d’éducation populaire (CINEP) de Colombie, un organisme créé en 1972 par les Jésuites. Partenaire du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), il est chargé de piloter une base de données sur «les problématiques de la violence politique ou de la défense des Droits de l’Homme».
Le CINEP et le Club de la Presse ont établi un circuit court entre journalistes pour faire circuler une information juste et vérifiée entre la Colombie et la France.
Les travaux du CINEP sont diffusés dans une rubrique du site www.cinep.org.co. et sur le site www.nocheyniebla.org. Voici des traductions faites par des journalistes francophiles de l’organisation qui s’inscrivent parfaitement dans la ligne éditoriale de notre site.
LE GOUVERNEMENT DEPARTEMENTAL NE REMPLIT PAS SES ENGAGEMENTS AVEC LES COMMUNAUTES INDIGENES.
Les Gouverneurs (Plus haute autorité dans les réserves indigènes) des communautés indigènes du Chocó dénoncent le non respect des engagements pris par le Gouvernement départemental. Lors d’une négociation, le représentant de l’association ASOREWA (Association Régionale des Autorités Indigènes Embera et Wounann), Jorge Querágama, a fait part de son inquiétude face à ces manquements et a indiqué que dans la zone du Haut Andagueda, par manque de prise en charge médicale par la ESE départementale, DASALUD, et les ARS et IPS (Institutions publiques et prestataires de services de santé), les enfants et les jeunes sont en train de mourir de la prolifération d’épidémies qui en entraîne d’autres (tuberculose, diarrhée).
Les cadres de ces institutions disent qu’ils ne se rendent pas sur cette zone à cause de la présence de groupes illégaux, un argument qui n’est pas valable car il est du devoir de ces institutions de leur apporter une prise en charge médicale.
De même, Jorge Querágama a indiqué qu’il manquait des éducateurs dans différents endroits et que les postes réservés aux professeurs indigènes sont attribués à d’autres pour des raisons politiciennes. Ces envoyés du pouvoir central désertent les centres éducatifs.
Pour ce qui est des enfants des communautés indigènes, les kits d’alimentation remis par l’ICBF (Institut du bien être familial: Organe public chargé de la protection de la famille et de l’enfance) ne contiennent pas des aliments qu’ont l’habitude de consommer ces communautés par tradition culturelle. De plus, ils arrivent en mauvais état et périmés, ce qui provoque des maux d’estomac chez les petits.
Enfin, Jorge Querágama a dit que les différentes multinationales qui sont en train d’implanter des mégaprojets miniers sur leurs territoires ne tiennent pas compte du principe de « Consulta Previa » (Consultation préalable : disposition prévue par la loi et qui stipule que tout projet visant un territoire collectif doit faire l’objet d’une consultation et de l’approbation de tous ses occupants) qui protège leurs terres.
De plus, elles manipulent la conscience des leaders indigènes pour mener à bien leurs actions. En ce qui concerne la décision rendue par la Cour suprême de justice et la validation de l’appropriation de terres par l’entreprise Muriel Mining Corporation, dans le cadre du projet Mande Norte, ils vont faire appel à la Cour Internationale pour récupérer leur territoire.
EXIL VOLONTAIRE DES HABITANTS DE BOJAYÁ
Les menaces constantes des groupes armés illégaux conjugués avec le départ de la force publique ont semé la peur et provoqué l’exil volontaire de 90% des habitants de cette communauté vers Bellavista, dans le but de sauver leurs vies.
Selon le maire Joaquin PALACIOS, les habitants de cette communauté ont décidé de fuir, en raison de l’absence de l’armée qui a déserté la zone sans aucune explication.
Cela concerne les communautés noires et indigènes qui se trouvent sur le fleuve Bojayá et sur le chef lieu de Bellavista, après le massacre qui a tués 120 personnes, en 2002.
Les gens ont peur que cela se reproduise et ils ne peuvent toujours pas aller cultiver leurs terres á cause de la présence des acteurs armés illégaux (guérillas ou paramilitaires) et ils ne veulent pas être considérés comme des collaborateurs de la force publique.
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